Harry Bonnet, 16 ans, fils d’un cuistot montmartrois, est fou de cinéma. 
Comment s’est-il retrouvé à Hollywood ? C’est simple. Il lui aura suffi d’une gifle, d’une caille rôtie et d’une assiette de pommes de terre pour traverser l’Atlantique et atterrir sur la colline mythique. L’Amérique ! Des stars à tous les coins de rue ! 
Une nuit, il suit son père à la cantine, s’introduit en catimini sur le plateau no 17, remplace au pied levé un second rôle souffrant et… tombe nez à nez avec Alfred Hitchcock. 
Le metteur en scène le plus célèbre du monde commence le tournage dont il rêve depuis quarante ans : l’adaptation d’une pièce de J. M. Barrie, l’auteur de Peter Pan. 
C’est un secret absolu. Le film porte un faux titre et Hitchcock lui-même a pris un nom de code. Mais pourquoi diable Harry a-t-il voulu voir les premières minutes du film fantôme ?
Pourquoi a-t-il désobéi au maître du suspense ?

Il est des livres qui refusent de se laisser refermer et qui vous obligent à lire dans la rue en marchant.
Ces livres-là, ceux qui infléchissent notre quotidien pour lui donner une autre couleur sont précieux.
Malija Ferdjoukh nous avait déjà offert de très beaux romans pour les enfants et les adolescents, des histoires imprégnées de cinéma qu’on porte avec soi très longtemps.
Avec son dernier livre, La Bobine d’Alfred, son ton se radoucit, la violence qui frappait les précédents ouvrages s’apaise mais la langue reste la même, toujours aussi riche et inventive et c’est un roman simplement réjouissant que l’on découvre. Il y a toujours cette jubilation, cette folie qui souffle, et qui entraîne les personnages et les lecteurs dans une course haletante, toujours un peu plus loin, toujours un peu plus vite.

Si Alfred Hitchcock a toujours été appelé « le maître du suspens », il est aussi un fabuleux raconteur d’histoire d’amour, un merveilleux cinéaste romantique. Jeune et innocent est autant l’histoire d’une enquête qu’un trajet amoureux, Fenêtre sur cour met en scène le cheminement d’un homme vers son acceptation du mariage et Vertigo est sans doute le film ayant le mieux décrit l’état de la passion amoureuse, jusqu’à la folie.

Malika Ferdjoukh emprunte aussi cette voie, et si son livre est truffé de références et s’amuse avec délice des situations à suspens, des quiproquos et des courses poursuite, l’émotion qui reste, une fois le livre refermé, est celle d’avoir vu éclore et s’épanouir une jolie histoire d’amour.

La Bobine d’Alfred est édite à L’école des loisirs, dans la collection Medium.

Anne Charvin.

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